PAS BESOIN DE PARLER, AGIS.
Une journée d'août t'étais avec ta bande de potes près de la Grande Place. T'avais comme qui dirait "flaché" sur une fille passée devant toi. Elle t'avait tapé dans l'oeil avec son style décontracté, la chemise du père dans le jeans délavé, une paire de Keds blanches aux pieds, ses cheveux d'un air blond vénitien. T'avais reçu un sourire, l'avais rendu, puis elle s'était éloignée, avait tourné au bout d'une rue.
Le lendemain t'y etait retourné avec comme l'espérance qu'elle repasse. Elle n'était pas là, les jours prochains non plus.
Trois quatres ou plus, mois plus tard, t'apercevais une fille de dos et l'image de celle-ci te revenais en tête. Quelque chose en toi commençait à battre plus vite. Encore plus vite. Tes potes qui te disaient "Vas-y!" "Pour lui dire quoi" "Pas besoin de parler, agis". Hésitations. Un temps de pause, pas trop long pour ne pas la laisser partir, mais assé pour réfléchir. Et t'as courrus pour la rattraper, t'es posé devant elle et est resté ton regard dans le sien. Elle t'as à nouveau sourrit, comme si elle t'avait reconnu. Et oui, elle t'avais reconnu "Toujours toi, je commençais à m'impatienté" "T'impatienter de quoi? Moi je t'attendais, tu n'es jamais plus revenue" "Si" "Pourtant..." "Mon apart est à une rue d'ici, je passe tous les jours, mais je n'osais pas venir" "T'aurais dus, rien que de glisser ta silhouette dans les alentours, pour que je te revoie. Je n'attendais que ca moi, te revoir" "Maintenant tu m'a revue" Elle avait pris ta main et t'emmenait plus loin au café des Trois Coeurs. Vous aviez passé une ou deux bonnes heures à discuter, à vous apprendre, autour d'une boisson. Vous vous cherchiez du regard, ne vous quittiez plus, c'était comme une complicitée attendue. Trouvée. Elle etait enfin là, devant toi.